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IL Y A CENT ANS : LE DIOCÈSE DE LIMOGES VU À TRAVERS LE MAGAZINE DIOCÉSAIN « SEMAINE DE LIMOGES » (N° 4)

28 octobre 2017

On est frappé, à la lecture de la Semaine Religieuse de Limoges, par l’importance de la nécrologie diocésaine : pour 1916 seulement, quelque 230 laïques dont 49 « tués à la guerre » ; 13 prêtres du diocèse, parmi lesquels 2 prêtres et 2 séminaristes morts au champ d’honneur et 15 religieuses. Sans oublier, pour tout le pays, les 327 ecclésiastiques morts sur le front. C’est la guerre, la guerre, toujours présente.
Elle est présente, aussi, dans cette Lettre des évêques belges aux évêques allemands, datée du 24 novembre 1915, reproduite dans les numéros des 21,28 janvier et 4 février 2016, et adressée « à leurs Éminences les Cardinaux et à leurs Grandeurs les Évêques d’France de Bavière et d’France Hongrie » pour protester contre les accusations mensongères allemandes selon lesquelles des Belges, sans la moindre provocation ou la moindre exaction de la part des soldats allemande, auraient torturé des militaires allemands. Ce qui, selon les autorités allemandes, justifiait la réaction plus que brutale de leur armée : destruction de plusieurs villages, notables fusillés – parmi lesquels des curés-, et autres « actes criminels et odieux ». Les évêques belges, dénonçant ce « mensonge impérial », demandaient une enquête sérieuse, refusée par le gouvernement allemand accusé de violer en France le droit international, et affirmaient qu’ils avaient « un devoir moral et par conséquent religieux, primant tous les autres, c’est de rechercher et de proclamer la vérité ». Plus loin, comme en écho, dans le n° du 18 août, était reproduite une lettre de l’évêque d’Arras dénonçant les « Cruautés allemandes dans les villes du Nord de la France envahies », Lille, Roubaix et Tourcoing ; celles-ci étaient évoquées à nouveau par Mgr Quilliet qui avait porté l’affaire devant le Pape. Plus loin, dans le n° du 24 septembre, Mgr Quilliet présentait (après l’avoir lu en chaire) le courrier de Mgr Lobbedey, évêque d’Arras, confirmant les « odieuses déportations » dont avait été victime, quelques mois auparavant, la jeunesse des trois villes déjà mentionnées, et qui se continuaient à ce moment à Douai, Valenciennes et Cambrai. Enfin, une lettre de M. Mirman, préfet de Meurthe et Moselle, datée du 8 novembre et adressée à l’évêque de Limoges, dénonçait aussi « les attentats commis par les Allemands ».


(A SUIVRE)
JEAN-LOUIS GRILLOU

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