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IL Y A 100 ANS

25 novembre 2016

LE DIOCÈSE DE LIMOGES VU À TRAVERS LE MAGAZINE DIOCÉSAIN - SEMAINE RELIGIEUSE DE LIMOGES A SUIVRE.......

 1916. Toujours présente, la guerre, aux couleurs de feu, de sang, de boue, faisant oublier le bleu horizon des récents uniformes, avec ces noms, sonores comme des obus :Verdun, Mort-Homme, Douaumont, Vaux, la Somme... Un siècle après, nombreux sont les retours, les interrogations, les recherches sur cette « Grande Guerre », dont le douloureux souvenir a marqué les villes et jusqu’au plus lointain village de France, si loin du front fut-il. Les hommages aux « valeureux soldats » sont légion, et ce n’est que justice. Qu’elles sont longues, dans les archives ou sur les monuments, les listes de ceux qui ont donné leur vie dans ce combat dont on dira ensuite « plus jamais ça », avec le succès que l’on sait. Mais que se passait-il dans les paroisses de Limoges en 1916 ? La lecture du bulletin diocésain « Semaine religieuse de Limoges » nous donne des réponses. C’était un fascicule in 4° d’une vingtaine de pages, créé, sauf erreur, en 1862 et paraissant tous les vendredis. Sa couverture, d’abord stricte, s’était ornée à partir de juillet 1887 des armoiries traditionnelles de la ville de Limoges, à l’effigie de Saint Martial, surmontées de la phrase « Dieu protège la France ».
On y trouve, c’est évident, des informations sur les offices, sur les nombreuses activités paroissiales, des publicités diverses. Dix églises locales sont concernées - « Église cathédrale, Saint- Pierre, Chapelle de Saint Aurélien, Saint-Michel, Sainte-Marie, Saint-Joseph, Sacré-Cœur, Chapelle Jeanne d’Arc, Sainte-Valérie, Saint Paul-Saint Louis » - ainsi que les villes de Guéret et de Saint-Junien.
En ce qui concerne la paroisse du Sacré-Cœur, son territoire excepté, elle ne ressemble pas tout à fait, en 1916, à la paroisse Saint-Jean Paul II actuelle. Elle avait été créée en 1873 par Mgr Duquesnay en même temps que Saint-Joseph, Sainte-Valérie et Saint-Paul-Saint-Louis. En attendant de trouver un terrain l’église fut installée, avec l’accord des autorités civiles, dans une ancienne halle au blé sise à l’angle de l’avenue Foucaud et de la rue des Argentiers. Ce n’est qu’en 1935 que débuta la construction de l’église actuelle, consacrée en décembre 1937. Quant à l’église Sainte-Jeanne d’Arc, c’était alors une chapelle succursale dont la bénédiction et la première messe avaient eu lieu trois ans plus tôt, le 4 mai 1913.

En ouvrant la revue, on ne peut éviter les réclames (on dit maintenant : la pub) finançant le bulletin et c’est parfois surprenant : Banque de Limoges, Librairie catholique, fleurs et ornements d’église, ciergeries ou chasubleries , entreprise de pompes funèbres « organisant des funérailles partout » et assurant qu’elle avait « 350 cercueils prêts d’avance ». De quoi être rassurés ! Mais encore, plus inattendue, la publicité vantant le vermicelle « mes délices » et les nouilles aux œufs d’un établissement de la place de Carmes… ou celles présentant divers médicaments, capables de tout guérir, et jusqu’à l’adresse d’un prêtre herboriste et guérisseur. D’une autre tonalité, plus grave, sont les appels à souscrire aux Bons de la Défense Nationale ou à donner de son or pour la patrie (« Pour nos soldats…donnez, donnez beaucoup. La France, blessée…supplie que vous lui prêtiez votre or. »).
Parmi ces réclames, il en est une qui parle davantage au cœur du paroissien du Sacré-Cœur : c’est celle de l’entreprise Francis Chigot, « peintre-verrier-décorateur, Membre de la Société des Artistes Décorateurs, Attaché à la restauration des Monuments historiques », qui reçut le Grand Prix du Vitrail à l’Exposition des Arts Décoratifs de 1925, et qui, seul puis secondé par son fils Pierre, et avec la collaboration de l’artiste Pierre Parot, créa les magnifiques vitraux et verrières de l’église actuelle du Sacré-Cœur de Limoges (1935 ,1955) ainsi que le vitrail représentant Sainte Jeanne d’Arc (réinstallé récemment en l’église du même nom). Après la guerre de 14-18, il participa à la restauration de nombreuses églises sinistrées du nord de la France. Il acquit ensuite une renommée internationale, réalisant des commandes importantes aux USA et au Canada. Après la 2ème Guerre mondiale, son atelier créa aussi les vitraux de la nouvelle église d’Oradour et ceux de l’abbaye de Conques, maintenant remplacés par ceux de Pierre Soulages.
À suivre…
J-L. G

 

 

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