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ACCOMPAGNEMENT DES FAMILLES EN DEUIL

25 novembre 2016

Début novembre, un temps de formation était proposé aux personnes en charge de l'accompagnement des familles en deuil.

 Le samedi 5 novembre 2016, l'équipe diocésaine de la Pastorale liturgique et sacramentelle, composée de Pascal Rouffignac, diacre responsable, François Renard, prêtre accompagnateur, Jean Paul Bourget pour le chant liturgique et Bernadette Durand pour l'art floral liturgique, a organisé une formation pour les membres des d’accompagnement des familles en deuil du doyenné de Limoges - trois personnes de la paroisse Saint Jean Paul II y participaient.

Pascal Rouffignac nous invite à nous déplacer dans l'église Sainte Bernadette pour un temps de prière à partir d'un texte de Michel Hubaut « Notre résurrection commence aujourd'hui », de l'Evangile et du chant « Ta Paix sera leur héritage ».

Nous rentrons dans le vif du sujet par une enquête du CREDOC (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie) réalisée en octobre 2016 sur les pratiques liées aux obsèques intitulée « Le deuil, une réalité vécue par 4 français sur 10 ». La relation à la mort a profondément évolué en particulier du fait du développement de la crémation (1 % des obsèques en 1979, 33 % en 2013) et de la baisse de la pratique religieuse qui peut accroître la difficulté à vivre un deuil. Les rituels funéraires traditionnels occupent encore des fonctions importantes comme amorce du processus de deuil. Même si le décès survenu à l’hôpital est plus durement ressenti, l’action des soignants est plutôt appréciée. Les incidences du deuil sur l’activité professionnelle peuvent être importantes : si 42 % des actifs vivant ou ayant vécu un deuil déclarent s’être arrêtés de travailler moins d’une semaine, 29 % l’ont fait plus d’un mois. Le deuil le plus fréquent concerne la tranche d'âge 45-54 ans ; 31% pour 18-24 ans. La souffrance au moment du décès est d'autant plus forte lors d'une mort brutale par accident, maladie aiguë, suicide. C'est très difficile à vivre pour 63 % d'entre elles.

Le Père François Renard nous parle des « stations » dans les funérailles chrétiennes. En plus de la célébration à l'église, nous avons à redécouvrir les autres lieux ou stations - maison, hôpital, funérarium, cimetière - en parcourant le chemin que propose l’Église, à exprimer le message chrétien du Mystère pascal. 

Station 1 : lieu où repose le défunt (DEC. p. 8) : prière pour le défunt avec les proches.
Station 2 : l'église : rapprochement des proches avec la communauté chrétienne.
Station 3 : le cimetière : déposition du cercueil dans la tombe ou incinération.

Ce sont des moments de présence et de soutien importants ; prière, dans un climat familial, dire des paroles d'espérance et se remémorer les paroles du défunt ; faire connaissance pour retenir les traits de caractère. La famille peut demander à être présente lors de la fermeture du cercueil : un visage qui disparaît est un arrachement mais aussi une espérance. Le rassemblement à l'église est caractérisé par la prière d'espérance lors du dernier adieu.
Il est bon de proposer aux familles une veillée de prière liée à d'autres moments de prière là où repose le défunt, au domicile, aujourd'hui le plus souvent à l'hôpital ou à la maison funéraire. C'est une étape importante, un temps apaisant.
Pour la célébration des obsèques, l'équipe peut demander à la famille de choisir les prières : Notre Père, Je vous salue Marie, psaumes, prière d'oraison, musique qu’appréciait le défunt. On peut s'aider du lectionnaire pour les défunts : lecture de textes appropriés (Thessaloniciens) ; « réconfortez-vous les uns les autres ».

Bernadette Durand nous parle de la place de l'art floral dans les sépultures. Le bouquet participe à la beauté de la liturgie, signe d'espérance. Les fleurs sont une preuve d'affection. Les couleurs et la forme ont une signification : le blanc est le symbole de la lumière, de la gloire, du bonheur accordé par Dieu ; le jaune, la lumière ; croix, cœur, couronne. Le plus souvent, le lys, la rose et le chrysanthème (fleur d'or) sont représentés. La composition d'un bouquet a des caractéristiques propres : le genêt -lieu de repos, le cèdre - puissance, beauté, solidité, incorruptibilité, la racine - on s’enracine, le lys – fleur royale, Dieu Roi puissant, fait participer à sa royauté.

Pour l'Eglise, l'inhumation du corps est privilégiée. La lumière est le signe de la présence du Christ Ressuscité, mystère pascal. Le rituel est très ouvert ; il se déroule selon certains rites (souvent mal jugés). Depuis le Concile Vatican II, on distingue plus de simplicité, plus de brièveté. Le rite  désigne ce qui est conforme à la pratique, ce qui convient ; c'est un fait social. Le rite est reçu, donné, proposé avec un sens, une histoire, il exprime la réalité, la totalité et dépasse l'individualité. Il a une valeur symbolique (adhésion aux valeurs du groupe). Il a une valeur forte : la distinction individu/groupe permet de se structurer, de s'exprimer, permet aux membres du groupe de participer. Le rite est indispensable. Les rites permettent d'accompagner ses proches, d'annoncer, de nourrir une Espérance. On propose un « après » qui est la Vie, de la mort à la Résurrection du Christ.

O. M.
 

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