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Homélie du 30ème dimanche ordinaire

Voici deux hommes qui se rendent au temple pour prier.

Le pharisien s’adresse à Dieu en étalant devant lui tout ce qu’il fait, tout ce qu’il est et il va jusqu’à prendre à témoin Dieu sur le comportement du publicain. Cet homme se compare, il regarde ce qu’il y a dans l’assiette du voisin afin de mieux se surestimer. Il pèse, il évalue, il compare. Il compare sa vie à celle des autres, il compare ses actes aux préceptes de la loi. Comme le fils aîné du père miséricordieux, il comptabilise ce qu’il a fait, sa capacité à appliquer la loi dans ses moindres détails. Il agit sans âme. Et lorsqu’il ose rendre grâce à Dieu, c’est-à-dire redonner à Dieu ce qu’il a reçu de lui, c’est pour mettre en valeur son respect de la loi, il se rend à lui-même ce qu’il réussit à faire, il se prend pour Dieu... Il juge les autres pour se surestimer. Il s’enferme dans la spirale du faire qui le conduit à s’admirer, à être admiré. Il acquiert une certaine valeur à ses yeux et aux yeux de ceux qui l’entourent. Il veut acquérir auprès de celui auquel il s’adresse, Dieu, de la valeur, et même une récompense. Il fait son ciel. C’est un légaliste jusqu’au bout des ongles.

Quant à l’autre, le publicain, il se fait discret, il se tient à distance, il baisse les yeux, il se reconnaît pécheur. Il mesure tout le poids de son péché, il mesure toute la distance qui le sépare de Dieu, il est conscient de tout ce qui entrave sa relation avec Dieu. À ses oreilles résonne le verset du Psaume 50,19 le Miséré : « Le sacrifice qui plaît à Dieu, c'est un esprit brisé ; tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé. » Il n’a rien à offrir à Dieu, même son respect de la loi, il ne peut l’offrir puisqu’il prend des libertés avec elle. La seule chose qu’il présente à Dieu c’est son cœur brisé, broyé par ses égarements, son incapacité à être fidèle à l’amour de Son Créateur. Il connaît tout le pouvoir de l’amour de Dieu, il fait de Dieu le personnage central de sa prière. Son humilité est telle que l'Évangéliste ne peut retenir de lui que sa componction.

Notre relation à Dieu ne prend tout son sens, toute sa valeur qu’en étant vraie, simple, sans fioriture. Face à l’amour de Dieu, nous pouvons nous mettre à nu sans scrupule, sans peur. Notre Dieu ne juge, ni ne condamne. Il n’est qu’amour, L’amour de dieu n’est là que pour nous purifier, pour brûler nos scories qui nous encombrent, alourdissent notre pas, rendent difficile notre chemin et notre course vers le bonheur.

Par notre baptême, nous acceptons de nous mettre en chemin vers Dieu avec Jésus, nous nous engageons sur la voie de la sainteté, non pas celle des autels, mais celle de la conversion intérieure au comportement fait d’humilité du cœur. Nous partons pour une course sans à la quête de la grâce que Dieu offre sans compter à celui qui ose crier vers lui sa détresse la plus profonde. À celui qui l’appelle, il répond, à celui qui l’interpelle, il permet de monter dans le char qui nous mène vers le ciel, à celui qui demande, il le prend par la main pour le faire grandir et connaître les joies de la vie divine. Avec Jésus, tout est facile, tout est simple, il nous suffit de s’abandonner en lui dans l’état où nous sommes. Ne cherchons pas à jouer la comédie, il nous connaît, il nous prend comme nous sommes, où nous en sommes, il ne juge pas, il aime tout simplement.

Voilà ce qui nous est offert lors de notre baptême, voilà ce qui est offert à Ysia aujourd’hui.

Prions le Seigneur d’arriver aux portes du Royaume purifier par l’amour de Dieu avec la prière de nos frères.